• Esperluette, Partie VI

    VI

    Contre ma fenêtre le nez collé aux reflets atmosphériques j'observe la nuit s'assouvir succinctement le matin arrive en effet or - stupéfaction - il est vierge encore !

    Au coin de l'immeuble à l'entrée du parc l'orée d'un bosquet agite des lumières d'éther sous le miel corsé des premières ombres parmi elles la silhouette mauve d'une robe déjà vue et tout à coup le soleil m'embrasse si fort que je tombe.

    Amoureux.

    Car c'est elle et je l'aime comprenez-vous ?

    C'est elle exsultate jubilate car je l'aime comprenez-vous je suis sûr qu'elle s'appelle Sylvie !

    Savoir ses lèvres et y mourir y mourir de saveurs improbables je l'aime elle est mon innocence je l'aime l'inouï et maint amour sur ses lèvres condense je l'aime elle est ma transparence je l'aime et les mains sont multiples et les doigts sont quintuples je l'aime par coeur je l'aime je l'aime !

    Alors qu'elle passe sous ma fenêtre je lui envoie ce télégramme improvisé dans l'instant :

    MADEMOISELLE MON AMOUR stop LE CIEL A TENDU SA JOUE A VOTRE BAISER NATUREL stop VOTRE CORPS EST DESORMAIS LA VIRGULE QUI SUSPEND MES MOTS stop JE VOUS AIME stop LES BAISERS VIRTUOSES FERONT DE NOS LEVRES UNE SEULE BOUCHE stop JE VOUS EMMENE VIENDREZ VOUS stop


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